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Lille: Des étudiants s’attaquent à la galère des règles pour les femmes SDF


Six élèves de l’école Skema vont distribuer des coupes menstruelles aux femmes sans abri…



Lille: Des étudiants s’attaquent à la galère des règles pour les femmes SDF

Cette idée de coupe mérite une médaille. Dans le cadre de leurs études, six jeunes de l’école Skema, à Lille, ont monté le « Queen’s cup project » avec pour objectif de distribuer des coupes menstruelles aux femmes sans domicile. Une initiative ambitieuse au regard des a priori qui planent autour de ce produit « révolutionnaire ».

« Pour l’école, ce projet pouvait très bien rester sur le papier. Nous avons constaté qu’il était réalisable alors on s’est dit qu’il fallait y aller », explique Manaëlle, 23 ans, qui s’exprime au nom de ses cinq camarades. L’idée, c’est de sensibiliser les femmes SDF à utiliser une coupe menstruelle plutôt que des serviettes ou des tampons hygiéniques pendant la période des règles.


« Aucune contre-indication »

« C’est une solution encore très peu utilisée alors qu’elle est écologique, rentable et inoffensive pour la santé, au contraire des tampons  », assure la jeune femme. Un avis partagé par la gynécologue Lilloise Christine Dehem : « Il n’y a aucune contre-indication à utiliser une coupe menstruelle. La seule chose qui peut refroidir les personnes, c’est que ce n’est pas toujours facile à mettre ».

Le fabricant « Luv ur body  » a fourni gratuitement aux étudiants 150 exemplaires de coupes, un don qui représente quand même entre 2.700 et 3.000 euros. « Nous allons les distribuer mardi à l’accueil de jour de l’ association Eole après une présentation du produit », poursuit Manaëlle qui reconnaît ignorer combien de femmes vont répondre à l’appel.
Car le public concerné est potentiellement important. « En 2016, nous avons vu passer plus de 800 femmes seules. Un chiffre auquel il faut ajouter celles qui sont en couple ou avec des enfants », déclare Sébastien Cavitte, chef de service à l’accueil de jour d’Eole. Il reconnaît que l’initiative des étudiants est intéressante, surtout économiquement : «  Les protections hygiéniques sont chères. Vu notre budget, nous ne pouvons fournir que deux serviettes par jour et par femme », déplore-t-il. Car si une coupe coûte entre 18 et 20 euros, elle est utilisable pendant trois ans. « A condition de la stériliser soigneusement », insiste le Dr. Dehem.

source: 20minutesfr