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Don de jours de congés: Faut-il l'élargir pour permettre d'aider un conjoint malade?


SOLIDARITE Pour l'instant, la loi ne s'applique que pour les parents d'enfants malades, mais des centaines de policiers de toute la France souhaitent faire don de jours de repos à leur collègue dont l'épouse est atteinte d'une leucémie...



Ils ont été touchés par l’histoire de leur collègue, et de là est né un immense élan de solidarité. Pour l’instant étouffé dans l’œuf par le cadre strict de la loi. Pour aider un collègue de Seine-Saint-Denis dont l’épouse est gravement malade, des centaines de policiers ont proposé de lui offrir des jours de repos. Car pour Antoine, brigadier à Bondy, et son épouse Elise, conseillère pénitentiaire, l’heure est à la recherche de solutions pour assurer la continuité du quotidien de la famille, qui compte quatre enfants en bas âge. Depuis l’annonce de la leucémie aiguë d’Elise, la vie de la famille a été bouleversée. Pour se soigner, la mère de famille a dû arrêter de travailler et devra être hospitalisée très régulièrement durant les douze prochains mois, parfois quatre semaines d’affilée en chambre stérile et sans aucun contact direct avec l’extérieur, à une cinquantaine de kilomètres de chez elle. Pour faire face, Elise aimerait bénéficier de la loi sur le don de congés.

Un appel à la solidarité entendu

Pour l’heure, Antoine est en arrêt maladie, une solution qu’il sait provisoire. C’est pourquoi Elise a eu l’idée de faire appel à la générosité des collègues policiers de son mari. Un appel entendu, puisque plus d’une centaine de policiers ont proposé d’offrir d’un à cinq jours de congé à Antoine. « Nous en sommes à plus d’une centaine de policiers qui sont prêts à donner des jours de congé », a confié au Parisien  Marc Tran, délégué départemental Unsa-Police 93. Du gardien de la paix au plus haut niveau de la hiérarchie parmi ces collègues de Bondy, ou encore d’un policier de Nouméa, les propositions de dons ont afflué d’un peu partout en France.

« Même la patronne a émis un avis favorable », a rapporté un policier au journal. Utilisant le même modèle, les donateurs ont tous dû rédiger un document attestant de leur volonté de donner de leurs jours de congé à leur collègue : « J’ai l’honneur de vous faire part de mon souhait de donner deux jours au brigadier Antoine C. afin de lui faciliter la garde de ses quatre enfants ainsi que le surcroît financier engendré par l’hospitalisation en soins intensifs de son épouse pour une grave maladie », ont-ils ainsi écrit. Et au total, Antoine pourrait bien avoir 540 jours de congé.


Accompagner un enfant malade

Instauré par la loi Mathys du 9 mai 2014, le don de RTT permet aux salariés volontaires, et en accord avec l’employeur, de faire don anonymement et sans contrepartie tout ou partie de ses jours de repos à un collègue ayant un enfant gravement malade. Un dispositif élargi l’année suivante aux fonctionnaires relevant du même employeur. Pour cela, le texte prévoit que le bénéficiaire de ces dons que l’enfant doit avoir moins de 20 ans et être atteint d’une maladie, d’un handicap ou avoir été victime d’un accident d’une particulière gravité rendant indispensable une présence soutenue et des soins contraignants.

A l’origine, ce texte est né d’un cas particulier, celui du petit Mathys, dont la loi porte le nom. Le père de ce petit garçon, atteint d’un grave cancer du foie, était en arrêt maladie pour pouvoir rester en permanence aux côtés de son fils, hospitalisé. « Jusqu’à ce qu’il soit contrôlé par la Sécurité sociale, et qu’il s’entende dire que puisque ce n’était pas lui qui était malade, il devait reprendre le travail », raconte à 20 Minutes Paul Salen, député de la Loire à l’origine de la loi. A l’époque, et avant que la loi ne soit votée, ses collègues avaient pu, après accord de leur employeur, faire don de 170 jours de repos à leur collègue, lui permettant d’accompagner son fils dans les derniers mois de sa vie. « Grâce à ce texte, des parents peuvent désormais bénéficier de la générosité de leurs collègues, et rester aux côtés de leur enfant durant le temps qui leur est offert », se réjouit le député.


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